Verdun était plus electrique que les soirs d'orage. & elle aimait compter les secondes qui séparaient les éclairs; les kilométres qui le séparaient d'elle. Verdun ne pleurait pas. pleurer c'est s'affaiblir, pensait-elle. pleurer, c'est une perte de temps. et même enervée, son souffle était si calme qu'on aurait pu la penser morte.
L'électricité coulait dans son sang. les nerfs toujours tendus que des funambulles auraient pu y danser dessus. Verdun, au regard impénétrable, dans lequel les Titans s'éffondrent. les peurs s'évanouissent. mais Verdun n'a plus de coeur; regardez dont sous vos semelles. elle se bat comme son coeur, autrefois. Verdun souffle un vent glacial qui vous brise les os; vous glace le sang. & elle vous réchauffe avec son sourire; vous brûle de son regard. Verdun c'est l'espoir de ce qui n'en ont plus. Verdun c'est la force de se dire que l'on doit toujours regarder devant; marcher la tête haute. Verdun, la fille à la beauté perdue; ou la fille aux champs de batailles. Verdun et ses ruines. Verdun et ses éffondrements. La rêveuse qui a voulu accrocher la Lune à un clou rouillé. L'étourdie qui s'est emmélée les pieds dans ses lacets défaits. Verdun, ou l'éffondrement d'une grande Reine. une grande reine qui n'a pas dit son dernier mot. Verdun et sa voix douce pourtant si aggréssive. Verdun & ses propos déplacés. Verdun & ses cheveux enmélés. Verdun n'aime pas le systéme. elle pour ce qui est contre; & contre ce qui est pour. Verdun la décalée, la marginale. elle aime prendre son temps. & elle aime se laisser prendre par le temps. Verdun fait tout au dernier moment. Verdun n'aime pas compter. sauf les kilométre qui les séparent; elle & lui. lui d'elle.
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